Die Stille Danach, un film poignant

Die Stille danach

© Photomobile/2017

Comment comprendre ce qu’endure quelqu’un qui a subi un drame ? Comment se mettre à sa place et ressentir en même temps que lui tout ce qu’il éprouve ? C’est la mission que s’est lancé Nikolaus Leytner, scénariste et réalisateur autrichien avec ce film. C’est ainsi qu’il construit son scénario autour d’un thème très actuel : le harcèlement à l’école. Sauf que dans ce cas, l’élève victime de ce harcèlement ne voit d’autre choix pour s’en sortir que de réaliser une tuerie de masse dans son collège, avant de se donner la mort d’une balle dans la tête.

« Die Stille Danach », signifie littéralement « Le silence qui suis ». Or, quoi de mieux pour comprendre une tragédie que d’en analyser les silences ? Parfois les mots sont superflus, c’est ce que semble penser Leytner qui s’explique : « on essaie de raconter une histoire avec des images ». Les sons apparaissent dès lors superflus, les émotions doivent pouvoir se lire sur les visages. C’est pour cela que le réalisateur s’est entouré des meilleurs, Ursula Strauss, dans le rôle de la mère, est tout simplement incroyable, grandiose. Leytner rajoute : « C’est une des meilleures en Autriche et en Allemagne, […] c’est [un rôle] un peu écrit pour elle ». Son personnage évolue durant ces 128 minutes de film, d’abord inquiète, lorsqu’elle arrive à l’école après un coup de téléphone de l’association des parents d’élèves, qui lui apprend qu’il y a eu une fusillade à l’école de leur fils. Puis incrédule, refusant d’accepter la réalité lorsque son mari lui annonce la mort de leur fils. Enfin combattante, aussi dur que cela puisse être, elle recherche des raisons qui auraient pu pousser le jeune garçon à un tel acte, elle cherche avant tout à comprendre.

Un film porté sur l’aspect psychologique

Se concentrer sur l’aspect psychologique des protagonistes est un choix destiné à rendre le scénario encore plus dramatique. Pour lui l’intérêt n’est pas de montrer l’atrocité de la tuerie, mais les émotions, les difficultés et les conséquences que cela entraîne chez les proches des victimes et l’auteur du crime. Le réalisateur nous livre sa motivation : « je m’intéresse à la vie de personnes ordinaires, pas à la science-fiction, [mais] à la façon dont ils réagissent ».

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© Photomobile/2017

Même les acteurs ont été soumis à rude épreuve, ils ont beaucoup souffert en acceptant de jouer de tels rôles, Leytner nous confie qu’avec les acteurs, ils ont beaucoup parlé. Après s’être imprégné d’un rôle durant toute une journée, il est difficile de retourner à la réalité.

Qu’est-ce qui l’a poussé à écrire un scénario sur un sujet si polémique ?

C’est un phénomène qui a touché l’Allemagne 3 fois, en 15 ans. Certes bien loin des statistiques étasuniennes qui comptent, en moyenne, une attaque à main armée par semaine en 2015, « mais une fois c’est déjà trop » précise-t-il. De plus, sa fille de 15 ans, a elle aussi connu le harcèlement, et une école qui met beaucoup de pression sur les jeunes, dans une société qui ne connaît plus que la méritocratie. C’était donc un sujet qui lui tenait à cœur.

Le thème de l’oeuvre qui reste le silence, afin « que le film parle de lui-même », est pour autant agrémenté de choix musicaux sombres, qui créent une atmosphère de suspense, lorsqu’elle n’est pas déchirante. Le film évite toute image de massacre, mais il est en très probablement bien plus bouleversant comme cela. A voir absolument !

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