Etre jeune créateur, entre patience et passion

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Etre jeune cinéaste en 2017, c’est souvent devoir arbitrer entre raison et passion. Rencontre avec Ilhan Palayret, 29 ans, dont le court-métrage Petite nature est sélectionné dans la catégorie Jeune Création.

Deux adolescents explorent une friche industrielle, testent leurs limites. Tandis qu’ils jouent à se faire peur, Victor observe à la dérobée son amie Léa, conscient de vouloir plus que la simple amitié qu’elle lui propose.

Cette relation ambiguë, Ilhan Palayret l’a vécu étant plus jeune. A 29 ans aujourd’hui, devenu réalisateur, il a voulu, avec le court-métrage Petite nature, « renouer avec des sensations » de l’époque. « Je crois que pour faire un film il faut que tu aies éprouvé ce que tu veux dire », ajoute-t-il.

Pour Ilhan, devenir cinéaste n’était pas un rêve d’enfant. Mais, passionné de cinéma depuis tout petit, l’idée a fini par devenir une évidence. « Petit, je devais toujours me coucher à 22h, j’étais très frustré car je ne voyais que des moitiés de films », raconte-t-il.

Après une licence en arts du spectacle à Strasbourg, puis un master sur le cinéma à Bruxelles, Ilhan a rejoint la London Film School. Petite nature est justement son court-métrage de fin d’études, réalisé avec les moyens du bord, en jonglant entre la dotation de l’école et le financement participatif. Après cinq jours de tournage à l’été 2014, l’édition lui a exigé environ quatre mois de travail.

Petite nature, c’est aussi son petit bijou, sa première création sélectionné dans un festival, à Londres d’abord, puis au Fipa. « Cela fait toujours du bien à l’égo, cela signifie que l’équipe du festival a vu quelque chose dedans que j’avais essayé de faire passer, et que des gens vont voir ce film ».

Pour vivre de sa passion, un combat quotidien

Plus de deux ans plus tard, Ilhan est loin de vivre de ce métier. Entre petits boulots et quelques montages de films, il continue de filmer, mais financer un métrage, surtout un long format, exige de batailler pour boucler un budget, « grappiller des aides à droite à gauche ». La nouvelle vague de créateurs est une génération de cinéastes patients et débrouillards donc.

Décourageant ? « Non, car quand on est réalisateur, on n’a besoin de personne. En t’arrachant, tu peux faire un film avec peu d’argent ». Et puis, glisse-t-il, « si j’avais voulu faire de l’argent, je n’aurai pas choisi ce métier ».

Maîtriser les règles pour pouvoir les casser

Etre passé par une école de cinéma peut aider. « Cela apporte confiance en soi et contacts, une émulation aussi, c’est un accélérateur en quelque sorte, mais on peut tout à fait faire du très bon cinéma sans avoir fait d’école, et inversement ». L’école fournit à l’apprenti cinéaste la grammaire du cinéma, les techniques de base, pour « toujours se demander comment faire comprendre au public ce que l’on veut raconter. Une fois qu’on maîtrise ces règles on peut tout le temps casser ces règles ».

Et ce même si, pour Ilhan, ce qui compte le plus dans un film reste « les acteurs et le scénario. Ils peuvent rattraper une réalisation bancale, mais pas l’inverse ».

Faire parler « ce qu’on a dans le ventre », c’est peut-être ce qui fait la différence. L’une de ses références est justement Le Privé, de Robert Altman, car « je ne sais pas pourquoi la magie opère, mais elle opère ».

Son prochain projet ? Un premier long-métrage, sur un scientifique confronté aux lobbys pharmaceutiques.

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