Faut-il avoir peur des robots ?

https://www.ocs.fr/serie/westworld
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De la réalité virtuelle aux hologrammes, le monde du futur approche à grand pas. Cette arrivée séduit autant qu’elle effraie. Dérive dystopique ou folle espérance, la mutation du monde est en marche.

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Déconnexion

“Tu sembles être une personne mais tu n’es qu’une voix sortie d’un ordinateur”. Dans Her, Theodore tombe amoureux de Samantha, un système d’exploitation à la voix langoureuse. Sans tomber dans la paranoïa, l’arrivée des chatbots, ces robots capables de converser sur les réseaux sociaux, et de leurs semblables modélisés en petits robots, il est aujourd’hui possible de converser pendant des heures avec des intelligences artificielles. Sur les conséquences de ces bots, deux clans s’affrontent : ceux qui considèrent que ces conversations vont mener les liens sociaux à leur perte et ceux qui y voient plutôt une alternative aux conversations classiques entre humains. Martin Morales fait partie des seconds : « On discute avec nos amis à la fois en face et sur les réseaux sociaux ! A l’inverse, je n’ai jamais vu personne accoster quelqu’un dans la rue en te disant « Hey ! Je vais te raconter une histoire ! » C’est deux types de conversations complètement différents ! ». Le risque, bien que minime est celui d’une déconnexion du monde, d’une perte de repère. La réalité mixte, parce qu’elle conserve l’environnement habituel tout en y incrémentant des éléments fictifs, perturbe les sens et questionne les limites de la réalité. David Dedeine, un des concepteurs de Fragments qui s’appuie sur cette technologie, en reconnaît ces dérives mais n’y voit pas une menace immédiate : «Comme pour toute avancée technologique, il y a des avantages et des inconvénients. Mais je pense qu’il faut quand même passer énormément de temps sur le jeu pour vriller à ce point. ». Le scénario catastrophe de Playtest, un des épisodes de la série Black Mirror, n’est donc pas pour demain.

Faire revivre les morts

Qui n’a pas souhaité retrouver une personne disparue ? Ce rêve, Eugenia Kuyda en a fait une réalité en créant Roman Mazurenko, un chatbot qui s’est approprié toutes les caractéristiques de son ami du même nom. Entre utopistes et pessimistes, le débat est vif sur cette question. La technologie pourrait-elle remettre toute notre vie en question, jusqu’à la mort, le plus immuable des évènements ? Le manque de repères face à un champ de possibilités devenues infinies terrorise autant qu’il fascine. Car si notre grand-mère pouvait revivre, pourquoi d’autres personnes ne pourraient-elles pas ressusciter malgré une existence controversée ? A l’instar d’un apprenti sorcier, l’homme repousse les limites du réel et se jette à corps perdu dans un univers dont il ne maîtrise plus les limites. « Be right Back », un épisode de Black Mirror, s’inspire de l’histoire d’Eugenia Kuyda et en questionne les limites. Ash, revenu d’entre les morts par le biais d’un robot, perturbe ainsi nos perceptions à cause de son identité incomplète.

Une humanité troublante

REUTERS/Joshua Roberts
REUTERS/Joshua Roberts

Utilisant l’intelligence humaine pour concevoir certains de leurs robots, les concepteurs ont brouillé la frontière entre les machines et les hommes. L’intelligence artificielle, encore loin d’égaler celle de l’humain, propose cependant de nombreuses possibilités d’interactions. Cette troublante similitude est souvent testée par les internautes qui cherchent à connaitre les limites de ces programmes innovants. Ce processus psychologique, appelé Uncanny Valley, nous permet de nous distancier des machines en se rassurant sur notre humanité. Dans la fiction encore, l’intelligence artificielle prend une place importante. La nouvelle série d’HBO, Westworld pousse ainsi la réflexion : jusqu’à quel point un robot n’est-il qu’une machine ? Les robots du parc d’attraction provoquent le doute et semblent devenir plus humains à chaque épisode.

Transparence de données

Mais finalement, si danger imminent il y a, c’est celui de la protection de la vie privée. Car si nous avons compris les dérives des réseaux sociaux, celles des robots ne sont pas encore acquises. Et pourtant ! Lorsqu’un des bots converse avec un internaute et notamment pour qu’il puisse se souvenir de cette conversation, il enregistre toutes ses informations. Nom, âge, ville, mots-clés ou encore sentiments, tout est consciencieusement stocké dans la mémoire du petit compagnon. Et si par malheur, les programmeurs du bot décidaient de divulguer les moindres détails de votre conversation avec votre compagnon, il ne suffirait de quelques secondes pour qu’elle soit rendue publique. Ce qui rappelle l’affaire Snowden, sur les écoutes de la NSA, rendue publique en avril 2013.

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