« Tourner avec Kim Chapiron est une expérience particulière ! »

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Olivier Rabourdin, par Camila Giudice

On l’a vu dans Taken, dans Les Petits Princes ou Grace de Monaco. Il est indispensable aussi bien au théâtre, que sur le grand ou le petit écran. Son dernier rôle dans une série remonte à 2015. A 57 ans, on le retrouve aujourd’hui dans Guyane, nouvelle série événement de Canal+, réalisée par Kim Chapiron. Il campe le rôle d’Antoine Serra, le malfrat de la région. Rencontre avec Olivier Rabourdin.

Comment avez-vous découvert ce rôle ? Vous a-t-il été proposé ou l’avez-vous choisi ?

C’est Kim Chapiron qui m’a appelé quelques mois avant le tournage. Apparemment, déjà en écriture, l’auteur et la productrice avaient pensé que je pouvais être une option pour le rôle.

Vous dîtes lors d’une interview faite par Canal+ qu’Antoine Serra «représente une grande partie de tous les fléaux de la Guyane». Pourtant, vous ajoutez, toujours dans cette interview, que vous avez l’impression d’avoir à l’intérieur de vous un «frère blessé». Cela vous a-t-il aidé à entrer dans le personnage ?

Il y a deux grands fléaux en Guyane, le centre spatial et l’orpayage. Mais c’est vrai que d’un point de vue intime, c’est quelqu’un dont je me sens proche. Il y a plein de choses en lui qui sont proches de moi. Mon personnage passe beaucoup de temps à sauver les gens sans que cela ne se voit.

Quelles difficultés avez vous rencontrées pour jouer ce rôle ? Quelle attitude, gestuelle avez-vous dû adopter ?

C’est pas comme ça que ça se passe, c’est un travail qui se fait de l’intérieur. Il faut trouver une relation juste avec l’autre. Chaque jour où on tourne une séquence, une scène, à chaque fois c’est une situation mais c’est surtout, à chaque fois un ou plusieurs partenaires et il y a une qualité de relation qui est à trouver avec le partenaire. C’est ce travail qui peu à peu dessine une personne. A chaque fois ce qu’il faut trouver c’est la relation juste. L’enjeu pour mon personnage est de trouver les points sur lesquels il peut déclencher l’empathie, notamment par sa relation avec les femmes qui est toujours d’une extrême douceur.

Avez-vous plus le temps de développer vos relations avec le format de la série, qu’avec un format de film ?

Pour moi ce n’est pas très différent, à partir du moment où on tourne, on tourne. Un film c’est un film.

Mais justement, vous habitez plus longtemps un personnage de série.

Alors c’est vrai qu’il y a cette différence là. C’est à dire qu’avec 5 mois et 84 jours de tournage je crois bien, il y a quelque chose qui se créé qui est peut-être encore plus intime que dans un long métrage.

Etes-vous plutôt film ou série ?

Moi j’aime quand j’ai un bon scénario avec un réalisateur que j’aime, peu importe le support, ça m’est égal.

Comment s’est déroulé le tournage ? Les conditions étaient-elles difficiles ?

On était logé dans des espèces de lodges au milieu de la forêt et il fallait rouler une demi-heure et on avait dix minutes de pirogue par jour. Ce qui est plutôt plus sympa que le métro pour aller au boulot. Alors que la difficulté sur un tournage c’est quand ça se passe mal, c’est quand on a mal choisi le personnage, quand on a dit oui alors qu’on aurait dû dire non, quand on ne s’entend pas avec les réalisateurs ou les camarades, quand on sent que le film ne va pas être bien. Au contraire, tous les jours je me suis dit que j’avais la chance d’être là. Passer cinq mois dans la forêt amazonienne c’est pas une difficulté, c’est une opportunité qui arrive une fois dans une vie et puis c’est inoubliable !

Travailler avec un scénariste de Bande Dessinée, plus que de série, vous a-t-il posé problème ? Fabien Nury travaille-t-il différemment des autres scénaristes avec lesquels vous avez pu travailler dans le passé ?

Au début un tout petit peu. C’est un type brillantissime Fabien Nury, je trouve que ce qu’il a écrit est très très mâlin. A la fois faire du genre et en même temps tordre légèrement le truc par rapport au cliché. C’est une question de style, il faut se décaler un peu mais pas trop. Donc d’un certaine manière les personnages masculins dans la série sont assez dans les grands classiques, celui des personnages masculins des films d’aventure. Mais ils sont tellement entourés par des personnages atypiques et de situations qui sont atypiques que ça n’en devient pas classique. Le stéréotype est à chaque fois contré par le fil du récit. Ca c’est fort de faire ça.

Dans la série vous entretenez une relation très particulière avec le personnage de Mathieu Spinosi. Est-ce caractéristique d’un classique de l’aventure ?

Souvent oui : le trio, le vieux voyou, l’ami fidel et le jeune homme qui veut devenir quelque chose c’est quand même un classique. Et ce qu’il y a de beau c’est que ce classique est transformé par cette histoire qui est singulière et par tous les personnages autour qui sont singuliers.

Qu’en est-il de Kim Chapiron ?

Tourner avec lui c’est une expériencce particulière (rire) parce qu’il considère tout comme un prétexte. Il est complètement inspiré par l’ici et maintenant, par le présent. Il est beaucoup dans le plaisir de faire. Il est beaucoup dans l’invention au fur et à mesure. Il organise tout pour que ce soit vivant. Je trouve ça épatant. Ca le rapproche de Xavier Beauvois d’ailleurs, parce que moi les gens que j’aime, c’est des gens qui sont capables d’inventer sur l’instant.

Une saison 2 serait-elle prévue ?

On espère. En tout cas, mon prochain projet débutera en mars.

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